Il y a des élections pour ça.

§ La principale élection, celle où tout se joue, c’est la présidentielle.
Vous ne trouvez pas cela grotesque de donner tant de pouvoir à un seul homme ? Et dans quelles conditions ! Cette grande foire médiatique et cette sélection aberrante qui force les trois quarts des électeurs à « voter utile ». On se retrouve avec des présidents qui n’ont pas reçu beaucoup plus de 20% des voix au premier tour.
Puis il y a les législatives qui pourraient être les élections les plus importantes mais comme elles se jouent deux mois après les présidentielles tout le monde est épuisé.
Et on part du principe qu’il faut donner une majorité au président. Il faut une majorité à l’assemblée nationale qui donne sa confiance à son premier ministre, donc une majorité de députés du même bord que le gouvernement … que l’assemblée nationale doit contrôler.

§ Les élections ne servent qu’à élire des dirigeants :
Les conseillers municipaux, les conseillers généraux, les députés et le président : On ne nous demande pas de faire des choix politiques mais de désigner des personnes pour nous gouverner. On ne vote pas pour un programme, ni même pour un parti mais bien pour une personne. En effet, les élus ne sont pas tenus de faire ce qu’ils ont promis de faire.
C’est ce que l’on appelle le
mandat personnel.

§ Il arrive que l’on nous interroge sur une question précise lors d’un référendum, mais ils se font à l’initiative du gouvernement. Et inévitablement cela se transforme en plébiscite, pour ou contre le gouvernement, ce qui explique pourquoi il hésite à nous consulter.

§ Les élus sont là pour administrer le pays dans les règles et non pour les remettre en cause.
Les réformes de la constitution sont très compliquées à mettre en œuvre car il faut qu’une large majorité des députés et des sénateurs les approuvent.
Et ces révisions ne se font qu’à l’initiative du président. Or selon l’article 5 le président «veille, par son arbitrage, au respect du texte constitutionnel, et assure le fonctionnement normal des pouvoirs publics et la continuité de l’État»

§ On peut élire une constituante mais … à suivre…

§ Le mode de scrutin n’est pas représentatif.
Est-ce que la proportionnelle changerait quelque chose ? Cela reste à voir. Mais de toute façon même ceux qui la réclament ne veulent qu’une dose de proportionnelle. L’argument contre la proportionnelle intégrale : Il y aurait trop de partis élus, on n’arriverait plus à avoir de majorité à l’assemblée nationale, ce qui entraînerait l’instabilité du gouvernement.
C’est donc à cela que servent les élections : Trouver une « majorité » pour gouverner, même si elle n’est pas majoritaire dans l’opinion. C’est bien la preuve que les élections ne servent pas à nous donner la parole mais à déléguer le pouvoir à quelques élus.

§ Les campagnes électorales ne nous donnent pas vraiment l’occasion de débattre.
Campagne comme une campagne militaire. C’est normal puisque l’enjeu c’est le pouvoir. Il ne faut pas s’étonner de l’agressivité des débats.
Ou comme une campagne publicitaire : Émouvoir pour attirer le client et non convaincre des citoyens par des arguments.

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– Quand on ne trouve pas de solution on accuse les institutions.
C’est vrai que des politiciens à court d’idée n’ont rien d’autre à proposer que de réformer les institutions. C’est vrai que la constitution n’est pas responsable de tout nos malheurs. Mais il est aussi vrai que les institutions nous empêchent parfois de trouver des solution. Il faut parfois s’affranchir des règles et faire preuve d’imagination.
« … mal français de changer sans cesse les règles … Cela me fait penser aux joueurs de football qui n’arrivent pas à marquer : pour y parvenir, soit ils s’entraînent plus, soit ils élargissent les buts. Et nous, nous sommes sans arrêt en train d’élargir les buts » Jean-Louis Debré.
Peut-être, mais si on ne veut plus jouer au foot, si on veut changer de jeu, il faut bien changer les règles.

– Ce ne sont pas les règles qu’il faut changer, ce sont les élus, il faut bien les choisir…
Vous espérez des élus exemplaires ? Les élus ne sont pas à la hauteur, pas à l’écoute ? Trop ambitieux voire corrompus ? N’est-ce pas plutôt l’attrait du pouvoir, un pouvoir considérable et difficile à contrôler qui attire les ambitieux sans scrupule ?

– Les règles sont bonnes, mais elles sont mal appliquées.
Ce n’est pas parce que des lois partent d’une bonne intention qu’elles sont bonnes. De toute façon si des règles sont mal comprises et mal appliquées on est en droit de se demander si elles sont vraiment si bonnes.